Article de Politique nationale - Publié le Vendredi 27 Mars 2020

Crise sanitaire : urgence de solidarité et de services publics !

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    L’hôpital Lariboisière qui fait partie du groupe hospitalier « Saint Louis-Lariboisière-Fernand Widal » a lui aussi été frappé par plusieurs mesures de restrictions budgétaires. Les personnels d’urgence se sont mobilisés pendant des mois contre le manque de moyens. Dans le « nouveau Lariboisière » qui devrait ouvrir en 2024, le projet prévoit un nombre de lits en baisse.

Le virus Covid-19 s'est propagé autour de la planète à la vitesse que lui permettait une mondialisation effrénée où tout doit circuler à vitesse grand V : les capitaux, les marchandises, les armes... et même les virus.

A ce jour, en France, près de 1 700 personnes sont déjà décédées, près de 14 000 sont hospitalisées... Les hôpitaux asphyxient alors que le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint.

Face à cela, seul le confinement de la population peut permettre de ralentir la propagation de l'épidémie. Rester chez soi aujourd'hui, c'est se protéger comme protéger les autres. C'est un premier geste solidaire très important.

Le gouvernement formule depuis plusieurs semaines des injonctions contradictoires. Un jour, il demande aux Français de se confiner et le lendemain il les invite à aller voter et peu après la Ministre du Travail explique que stopper les chantiers ne serait pas un geste civique. Autre contradiction, le Ministre de l'Education nationale demande aux professeurs d'assurer la continuité pédagogique le temps où les établissements scolaires sont fermés et quelques jours après la porte-parole du gouvernement déclare que les professeurs ne travaillent pas actuellement...

Pour les communistes, les intérêts vitaux ont toujours primé sur les intérêts économiques : ils demandent un confinement général et l'arrêt de toutes les activités non-essentielles à la survie de la nation. Seules les activités liées aux besoins vitaux de la population (soins, aide aux personnes âgées, alimentation, énergie…) doivent être maintenues.

 

Un manque de moyens lié au démantèlement progressif du service public de santé

Cette crise révèle aussi l'état de notre système de soins, attaqué par 30 ans de politiques libérales, entrainant sa casse méthodique petit bout par petit bout. Depuis de nombreuses années, avec le personnel soignant, les communistes n'ont eu de cesse de demander un plan massif d'investissement pour l'hôpital public, une revalorisation des salaires, un moratoire sur les fermetures des hôpitaux et des services, des moyens pour les EHPAD...

Il est triste et inquiétant qu'il ait fallu cette crise pour que le gouvernement s'intéresse - enfin - au cri d'alarme lancé. Ce qui a longtemps été présenté comme le meilleur système de santé au monde est malade, malade de l'austérité imposée, incapable de faire face à la crise. Et ce, malgré le dévouement et le professionnalisme du personnel soignant, mettant le danger, sa rage et sa colère de côté pour tenter, sans réels moyens, de sauver des vies. Il est urgent de les protéger !

Comment le gouvernement peut-il justifier ne pas avoir de masques en quantité suffisante, ni pour la population, ni même pour le personnel soignant ? Comment Agnès Buzyn, ancienne Ministre de la Santé, peut-elle se targuer d'avoir compris avant tout le monde la crise sanitaire que nous allions subir et ne pas avoir pris les dispositions nécessaires, comme n’avoir pas commandé notamment des masques ? Incompétence ou mise en danger d'autrui ? A l’issue de cette crise, le gouvernement devra répondre de ses responsabilités. Comme il devra répondre de son refus de généraliser les tests pour savoir qui est réellement porteur du virus dans la population. 

Dans l'immédiat, outre la protection des salariés, les communistes demandent la réquisition des cliniques privées pour ne pas laisser l'hôpital public seul face au virus. Les communistes seront aussi, à l’issue de la pandémie, comme ils l'ont toujours été, aux côtés des personnels soignants pour s'assurer que les leçons de la crise auront été comprises et que la santé publique aura - enfin - les moyens d'assurer sa mission : soigner la population. 

 

Des mesures de protection pour tous les salariés mobilisés et non de nouvelles remises en cause du droit au travail

Les communistes saluent également les salariés et personnels mobilisés en ces jours douloureux pour la survie de la nation : caissiers, éboueurs, personnels éducatifs accueillant les enfants du personnel soignant... Avec eux également, la solidarité nationale doit jouer et les communistes sont à leurs côtés pour demander une revalorisation de ces métiers.

Pour autant, le gouvernement ne semble pas avoir compris les leçons de cette crise et la nécessité d'en finir avec une économie néolibérale pour protéger nos services publics. Au contraire, profitant du passage au Parlement de la loi d'urgence le week-end dernier, il s'est octroyé le droit de légiférer par ordonnances sur des sujets aussi divers que le droit à faire travailler les salariés le dimanche, l'extension de la durée hebdomadaire de travail autorisée à 60 heures ou encore l'obligation pour les salariés de prendre leurs congés payés durant la période de confinement. Une nouvelle casse du code du travail ! Macron l'avait rêvé, le Covid-19 lui en donne l'occasion. Les parlementaires communistes ont évidemment voté contre cette habilitation à légiférer par ordonnances.

 

La nécessité d’un autre choix de société

"Le jour d'après, plus rien ne sera comme avant" a déclaré le Président de la République. Si on lui donne quitus de cette déclaration, deux options sont devant nous : soit une société encore plus individualiste, libérale et autoritaire, faisant travailler les salariés jusqu'à la mort tout en surveillant le moindre de leurs déplacements ; soit une société plaçant enfin l'égalité, la solidarité au cœur de ses préoccupations, investissant massivement dans ses services publics et dans son industrie pour reconquérir son autonomie industrielle. C'est ensemble, tous ensemble, que nous devons travailler dès aujourd'hui à construire cette deuxième option.

Cette exigence de solidarité, les communistes se réjouissent que la Maire de Paris l'ait fait sienne. Deux exemples seulement : sa proposition de mettre à disposition de l’Etat 14 gymnases municipaux afin de mettre à l'abri et ainsi protéger du virus les personnes à la rue ou encore le don de la ville à l'AP-HP de 2,5 millions de masques.

Dans ce contexte, les communistes du 10ème ont évidemment stoppé leur activité militante sur le terrain. Ils restent toutefois disponibles par mail à pcfparis10.fr que ce soit pour organiser la solidarité immédiate dans les immeubles ou dans le 10ème ou pour travailler ensemble à l'après, à la construction de cette société que nous appelons de nos vœux. Ils sont disponibles. Ils y sont prêts. 

Aujourd'hui, l'urgence est de sauver des vies, pas de sauver l'économie capitaliste ! Aujourd'hui, l'urgence est à la solidarité internationale, pas au sauvetage d’un système à bout de souffle."

 

Adjoint à la Mairie du 10ème, en charge du logement, des relations avec les bailleurs, de la lutte contre la spéculation immobilière, de la mémoire, des anciens combattants, en charge du quartier Château d’Eau-Lancry.