Article de Vie locale - Publié le Jeudi 16 Juin 2016

Premier rassemblement victorieux contre les expulsions locatives

  • Lors du rassemblement du 11 juin, Dante Bassino s'adressant aux manifestants après avoir remis l'ensemble des éléments au commissariat pour empêcher l'expulsion prévue cette semaine. Expulsion empêchée.

Les expulsions locatives se multiplient dans le 10ème. En 2015, 72 ont ainsi eu lieu. Celles-ci sont mises en œuvre, y compris contre des familles DALO (Droit au logement opposable) théoriquement protégées.

Cette semaine, une expulsion devait avoir lieu. Celle-ci était particulièrement scandaleuse : la femme expulsée est reconnue DALO prioritaire depuis 2 ans et la Préfecture de Paris et d’Île-de- France qui doit la reloger ne lui a toujours fait aucune proposition. Le « logement » loué est présenté comme faisant 9 m², mais en réalité une partie importante est mansardée et il est impossible de s’y tenir debout. Il fait en réalité moins de 5m².

Pour empêcher cette expulsion, le collectif logement du 10ème, soutenu par Dante Bassino, adjoint PCF au maire du 10ème en charge du logement, a appelé à un rassemblement le samedi 11 juin. Une opération victorieuse, car après ce rassemblement et l'action de l'élu, l'expulsion a été annulée. Cela montre que lorsque la population se mobilise, les expulsions peuvent être évitées. Malheureusement, d'autres mobilisations risquent d'être nécessaires dans les prochaines semaines pour éviter que d'autres familles du 10ème ne soient expulsées.

La plupart des familles expulsées payent leur loyer et ne posent aucun problème. Les logements sont vidés de leurs occupants sous prétexte de vente ou de récupération pour l’occuper. Pourtant de nombreux propriétaires qui demandent l’expulsion possèdent plusieurs logements et les appartements peuvent très bien être vendus occupés.

Les locataires sont en fait victimes de la spéculation. Ils sont aussi victimes de la tentation de la location touristique beaucoup plus rémunératrice. La transformation en meublé touristique est pourtant interdite par la Ville sauf création de logement pour le double de la surface transformée.

Au final les classes populaires, ceux qui travaillent à Paris sont chassés. Nous n’acceptons pas cette situation !

Voici une interview de Dante Bassino au sujet des expulsions locatives :

Que faites vous contre les expulsions locatives ?

Après un jugement, la Préfecture de Police met en œuvre l’expulsion. Nous avons interpellé le Préfet à plusieurs reprises par des vœux votés en Conseil d’arrondissement sur proposition des élus communistes pour qu’il renonce aux expulsions tant que les personnes ne bénéficient pas d’une proposition de relogement adapté.

Et côté attribution ?

Le système de cotation que nous avons mis en place en début de mandature rajoute des points aux dossiers de personnes menacées d’une expulsion, ce qui permet leur passage devant une commission d’attribution. Mais la Préfecture n’informe pas officiellement du recours à la force publique. De ce fait, les dossiers ne sont pas à jour et nous ne sommes pas alertés sur l’urgence de la situation.

Toutes les personnes menacées pourront avoir un logement social ?

Nous faisons le maximum pour créer du logement social, mais il faut surtout faire reculer la spéculation et donc faire diminuer les expulsions. L’expulsion avec le concours de la force publique est dans de nombreux cas un appui à la spéculation immobilière qui chasse de Paris celles et ceux qui n’ont pas des salaires élevés.

Comment empêcher cela ?

La mobilisation du plus grand nombre est indispensable. Seul le rapport de forces fera reculer la Préfecture de Police et changer la loi pour protéger les habitants contre la spéculation. La réaction au niveau local est indispensable. Cela peut commencer par la participation aux manifestations. Plus nous serons nombreux, plus la Préfecture entendra !



Adjoint à la Mairie du 10ème, en charge du logement, des relations avec les bailleurs, de la lutte contre la spéculation immobilière, de la mémoire, des anciens combattants, en charge du quartier Château d’Eau-Lancry.