Article de Vie locale - Publié le Samedi 30 Août 2014

Les travailleurs sans papiers du 57 boulevard de Strasbourg : la lutte continue !

Après plus d’un mois d’occupation du 57 boulevard de Strasbourg, la CGT et les travailleurs (13 femmes et 5 hommes) ont organisé une conférence de presse vendredi 29 août.
  • L'une des travailleuses sans papiers répondant, lors de la conférence de presse, aux questions des journalistes avec Didier Le Reste à ses côtés.

Une conférence de presse s'est tenue vendredi 29 août au 57 boulevard de Strasbourg. Après plus d'un mois de lutte, les travailleu-se-rs sans papiers, soutenu-e-s par la CGT et le PCF, souhaitaient s'exprimer et dire ce qu'elles vivaient.

Maryline Poulain, responsable immigration de l’UD CGT Paris, et Rémy Picaud, de l’US Commerce, sont revenus sur le mois écoulé. Après le dépôt de bilan provoqué par l’ancien patron, les travailleurs ont tous déposé plainte pour, entre autre, « faillite organisée, banqueroute et traite de personnes en situation de vulnérabilité ». L'enquête a commencé avec une série d'auditions.Les deux responsables syndicaux ont insisté sur le fait que les policiers avaient refusé d’enregistrer l'ensemble des déclarations des travailleurs : celles dénonçant le système mafieux dans le quartier Château d’eau n'ont pas été consignées. Cela ne semble pas intéresser la Préfecture de police. Incompréhensible et intolérable!

A l'occasion de cette conférence de presse, plusieurs travailleuses se sont exprimées. Toutes sont revenues sur leurs conditions de travail : dans des conditions d’hygiène déplorables, respirant des produits nocifs, sans aération, douze heures par jour et pour un salaire de misère, lorsqu’il était versé… Toutes sont également revenues sur le système mafieux qui régit le quartier de Château d’Eau : les échanges de boutiques entre patrons, le fait de s’assurer qu’il n’y ait jamais plus de sept travailleurs parlant la même langue dans un salon afin d’empêcher un mouvement de révolte… Toutes ont également insisté sur leur souhait de sortir du travail dissimulé. Pour cela, des papiers sont nécessaires. Il serait aberrant que l'Etat refuse de les leur donner, les poussant à retomber dans le travail dissimulé, alors qu'elles ont eu le courage de se lever contre.

Au nom du PCF, Didier Le Reste, conseiller de Paris, est intervenu. Il a, tout d’abord rappelé que la situation était proche de celle du 50 boulevard de Strasbourg, mouvement qui a vu la régularisation de sept travailleuses à l’hiver 2014. Il a ensuite rappelé: « le combat des sans papiers est notre combat ! Tant qu’il y aura des travailleurs sans papiers, taillables et corvéables à merci, le patronat continuera à tirer vers le bas les conditions de travail de l’ensemble des salariés ». Le conseiller de Paris a rappelé l’implication du PCF dans ces luttes depuis l’hiver dernier et l'engagement des élus pour l'organisation  de tables rondes à la Mairie du 10e' en présence ses réprésentants des patrons des salons de coiffure pour mettre un terme à cette situation de non-respect de la loi et du droit du travail dans le quartier Château d'Eau. Les deux premières tables rondes se sont déjà tenues. Il a annoncé qu'un vœu interpelant la maire de Paris sur cette question serait déposé lors du conseil d’arrondissement du 15 septembre et qu'une exposition se tiendra sur le stand du PCF 10 à la fête de l’Humanité.

Le combat continue donc pour la régularisation des travailleurs sans papiers, la fin du travail dissimulé et du système existant aujourd’hui à Château d’Eau.

 

Adjoint à la Mairie du 10ème, en charge du logement, des relations avec les bailleurs, de la lutte contre la spéculation immobilière, de la mémoire, des anciens combattants, en charge du quartier Château d’Eau-Lancry.